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Ipermobilité articulaire et CBD : que disent les études scientifiques ?

12 décembre 2025 à 2:24 pm
Temps de lecture: 14 min

L’hypermobilité articulaire est une affection qui touche des millions de personnes dans le monde. Elle se caractérise par une mobilité excessive des articulations, au-delà des limites physiologiques habituelles. 

Dans les formes les plus complexes, cette particularité peut se manifester sous la forme du syndrome d’Ehlers-Danlos ou des troubles du spectre de l’hypermobilité (Hypermobility Spectrum Disorder, HSD). Elle s’accompagne alors souvent de douleurs chroniques et d’instabilité articulaire. Dans ce contexte, le cannabidiol (CBD) suscite un intérêt croissant, avec des données scientifiques qui suggèrent un potentiel thérapeutique pour moduler l’inflammation et atténuer les douleurs associées à ces troubles du tissu conjonctif. 

Qu’est-ce que l’hypermobilité articulaire ?

L’hypermobilité articulaire se manifeste lorsqu’une ou plusieurs articulations peuvent se déplacer bien au-delà de l’amplitude considérée comme normale. 

Même si cela peut sembler un avantage dans certains sports ou disciplines artistiques, cette caractéristique cache souvent des difficultés bien réelles. Les personnes hypermobiles présentent fréquemment des luxations récidivantes, des entorses, des lésions ligamentaires et une accumulation progressive de microtraumatismes qui, avec le temps, peuvent évoluer vers des atteintes articulaires dégénératives. 

Le phénomène touche particulièrement les genoux, les épaules, les coudes et les articulations des doigts, créant une instabilité chronique susceptible de compliquer les activités du quotidien. 

La laxité ligamentaire propre à cet état réduit la capacité de stabilisation des structures articulaires. Cela expose la personne concernée à des traumatismes répétés et à une dégradation progressive du cartilage. 

Le diagnostic est le plus souvent établi à l’aide du score de Beighton, un système de points qui évalue l’hypermobilité sur quatre paires d’articulations ainsi que sur la colonne vertébrale. Un score supérieur ou égal à 5 est généralement considéré comme évocateur d’une hypermobilité généralisée, à distinguer d’une hypermobilité localisée ne concernant que certaines articulations. 

Les causes d’une mobilité excessive

L’origine de l’hypermobilité articulaire peut être à la fois génétique ou acquise. 

Dans les formes héréditaires, certaines mutations modifient la structure du collagène ou d’autres protéines du tissu conjonctif, rendant les structures articulaires plus élastiques que la normale. Parmi les affections génétiques associées, le syndrome d’Ehlers-Danlos est souvent considéré comme la référence. Il s’agit d’un groupe de maladies héréditaires caractérisées non seulement par l’hypermobilité, mais aussi, selon les sous-types, par une hyperextensibilité cutanée et une fragilité vasculaire. 

L’hypermobilité peut également survenir après des traumatismes mal consolidés. Des entorses ou des luxations peuvent altérer durablement la stabilité d’une articulation. On parle alors d’hypermobilité acquise, généralement limitée à l’articulation concernée. Il existe aussi une forme transitoire, observée chez certains athlètes et danseurs : un entraînement intensif peut entraîner, temporairement, une augmentation de l’amplitude articulaire. 

Douleur chronique : quand les symptômes deviennent invalidants ?

Vivre avec une hypermobilité articulaire symptomatique, c’est souvent faire face à bien plus qu’une simple souplesse accrue. 

La douleur articulaire est le symptôme le plus fréquent et le plus invalidant. D’abord occasionnelle ou récurrente, elle tend progressivement à se chroniciser à mesure que les lésions s’accumulent et que des processus dégénératifs s’installent. 

Les macrotraumatismes se traduisent par une tendance accrue aux entorses, subluxations et luxations. Beaucoup décrivent une sensation permanente d’instabilité, comme si les articulations ne « tenaient » pas correctement. Cette impression n’est pas infondée : la laxité ligamentaire réduit réellement la capacité de contention, exposant les structures articulaires à des contraintes anormales. 

L’inflammation chronique qui accompagne souvent ce tableau peut entraîner des gonflements intermittents, une raideur matinale et une limitation progressive des mouvements. C’est aussi pour cela qu’il peut être utile de recourir à des solutions naturelles pour les douleurs cervicales. Dans de nombreux cas, un syndrome de type fibromyalgique peut également s’associer, avec des douleurs musculaires diffuses, une fatigue chronique et des troubles du sommeil. La composante neurovégétative peut comprendre des symptômes tels que des vertiges, des troubles gastro-intestinaux et des dysfonctions autonomes, particulièrement marqués chez les personnes atteintes du syndrome d’Ehlers-Danlos [1]. 

L’impact sur la vie des patients

Les personnes souffrant d’hypermobilité symptomatique constatent souvent une baisse importante de leur qualité de vie. 

L’imprévisibilité de la douleur et des luxations pèse lourd sur les choix du quotidien et limite les activités professionnelles, de loisirs et sociales. Il n’est pas rare de voir apparaître de l’anxiété ou des symptômes dépressifs, liés à la fois à la chronicité de la douleur et à l’incertitude quant à l’évolution de la situation. 

Le volet psychologique est particulièrement sensible : beaucoup de patients expriment une frustration, car il est difficile de faire comprendre à l’entourage la gravité d’une souffrance souvent invisible de l’extérieur. 

Le parcours diagnostique long, parfois ponctué d’incompréhensions et de retards, alourdit encore la charge émotionnelle. Les études indiquent que les personnes hypermobiles développent une fibromyalgie environ quatre fois plus souvent que la population générale, ce qui souligne le lien entre souffrance physique et sensibilisation centrale à la douleur. 

Le système endocannabinoïde : le lien entre le CBD et les articulations

Pour mieux comprendre le potentiel du CBD dans l’hypermobilité articulaire, il faut connaître le système endocannabinoïde, un réseau complexe de récepteurs, de molécules et d’enzymes présent chez tous les vertébrés. Ce système, apparu il y a plus de 600 millions d’années, participe à la régulation de l’homéostasie et intervient dans de nombreux processus physiologiques. 

Le système endocannabinoïde comprend trois éléments principaux : les endocannabinoïdes (comme l’anandamide et le 2-arachidonoylglycérol), les récepteurs cannabinoïdes (CB1 et CB2) et les enzymes qui synthétisent et dégradent ces molécules. 

  • Les récepteurs CB1 sont principalement localisés dans le système nerveux central, notamment dans l’hippocampe, le cortex cérébral et le cervelet. Ils sont aussi présents dans les voies de la douleur au niveau de la moelle épinière. 
  • Les récepteurs CB2, en revanche, se concentrent surtout dans le système immunitaire, dans les cellules de la rate et dans les tissus périphériques. Ils jouent un rôle important dans la modulation de la réponse inflammatoire [2].

Comment le CBD interagit-il avec notre organisme ?

Le cannabidiol se distingue du tétrahydrocannabinol (THC) par l’absence d’effets psychoactifs. 

Contrairement au THC, qui se lie directement aux récepteurs CB1 et peut entraîner des modifications de la conscience, le CBD agit via des mécanismes plus complexes et indirects. Il ne se fixe pas fortement aux récepteurs CB1 ni CB2, tout en exerçant des effets modulateurs notables sur le système endocannabinoïde. 

Le CBD agit comme inhibiteur de l’enzyme FAAH (Fatty Acid Amide Hydrolase), qui dégrade normalement l’anandamide. En freinant cette dégradation, le cannabidiol augmente les niveaux endogènes de cet endocannabinoïde, ce qui peut en renforcer les effets bénéfiques. Il se lie aussi aux récepteurs TRPV1 (récepteurs vanilloïdes de type 1), impliqués dans la perception de la douleur et la thermorégulation, contribuant à l’effet analgésique. 

Un point particulièrement intéressant concerne l’interaction avec les récepteurs CB2 : même si le CBD ne s’y fixe pas directement avec une forte affinité, il peut en moduler l’activité via des mécanismes allostériques, influençant ainsi la réponse inflammatoire des cellules immunitaires. 

Cette particularité rend le cannabidiol intéressant pour les affections caractérisées par une inflammation chronique, comme l’hypermobilité articulaire symptomatique et le syndrome d’Ehlers-Danlos

Quelles sont les propriétés anti-inflammatoires du cannabidiol ?

L’action anti-inflammatoire du CBD est l’un des aspects les plus étudiés et les mieux documentés par la recherche scientifique. 

De nombreuses études ont montré que le cannabidiol peut réduire l’inflammation en agissant sur plusieurs mécanismes biologiques complémentaires. 

Son efficacité semble notamment liée à sa capacité à inhiber la production de cytokines pro-inflammatoires, des molécules qui amplifient et entretiennent la réponse inflammatoire dans l’organisme. 

Une étude menée à l’Université de l’Insubrie (Varèse) a mis en évidence que le CBD peut influencer l’activité des granulocytes neutrophiles, parmi les premières cellules immunitaires mobilisées lors d’infections et d’inflammations. Les chercheurs ont montré que des extraits de cannabis, en particulier le cannabidiol, peuvent inhiber la production de cytokines telles que l’IL-1β, l’IL-6 et l’IFNβ. Ces résultats soutiennent le potentiel du CBD dans des états inflammatoires chroniques et invalidants [3]. 

Un autre axe de recherche prometteur concerne les cannflavines A et B, des flavonoïdes présents dans le cannabis. Selon une étude de l’Université de Guelph (Canada), publiée dans Phytochemistry, ces molécules auraient une efficacité anti-inflammatoire pouvant aller jusqu’à 30 fois celle de l’aspirine [4]. Les chercheurs se sont appuyés sur des travaux datant de 1985, en identifiant les mécanismes par lesquels ces composés ciblent l’inflammation à sa source, en limitant la cascade d’événements menant à la douleur chronique. 

Mécanismes d’action au niveau cellulaire

Le CBD exerce son action anti-inflammatoire via plusieurs voies moléculaires. Il réduit l’activité de la voie NF-κB, un facteur de transcription nucléaire qui régule l’expression de nombreux gènes impliqués dans la réponse inflammatoire. En modulant cette voie, le cannabidiol limite la production de médiateurs de l’inflammation au niveau génétique, en intervenant en amont du processus. 

Il agit aussi sur STAT3 (Signal Transducer and Activator of Transcription 3), également impliqué dans l’activation de la réponse inflammatoire. Cette double action, sur NF-κB et STAT3, explique pourquoi le CBD peut être intéressant même dans des contextes chroniques, où les mécanismes inflammatoires sont profondément installés. 

La réduction du stress oxydatif est un autre mécanisme par lequel le CBD contribue à limiter l’inflammation. Les propriétés antioxydantes du cannabidiol, décrites comme supérieures à celles des vitamines C et E, aident à neutraliser les radicaux libres responsables des dommages cellulaires et de l’amplification de la réponse inflammatoire. 

Cette action protectrice est particulièrement précieuse dans les tissus articulaires soumis à des contraintes mécaniques répétées, comme c’est souvent le cas en situation d’hypermobilité. 

CBD et douleur articulaire : ce que montre la recherche clinique

L’effet antalgique du cannabidiol fait partie des sujets les plus suivis par les personnes souffrant de douleurs chroniques liées à l’hypermobilité articulaire. Le CBD fait partie des meilleurs remèdes naturels pour soulager la douleur. L’huile de CBD est souvent utilisée comme antalgique

Le CBD agit sur les circuits de la douleur via des mécanismes multiples et synergiques, en intervenant à la fois sur la composante nociceptive et sur la composante neuropathique de la douleur. 

Une revue systématique de 2024, qui a analysé 40 études scientifiques publiées sur PubMed, a confirmé le potentiel du CBD dans la prise en charge des douleurs chroniques [5]. Les chercheurs ont mis en évidence que le cannabidiol peut moduler la transmission de la douleur en agissant sur les récepteurs TRPV1, un élément central de la perception douloureuse. En influençant ces récepteurs, le CBD peut réduire la transmission des signaux nociceptifs de la périphérie vers le système nerveux central. 

Du côté du système nerveux périphérique, le CBD semble aussi agir directement sur les nerfs qui transmettent des sensations telles que la douleur, les démangeaisons ou l’engourdissement. 

Il module l’activité des canaux ioniques et des récepteurs impliqués dans la transmission du signal douloureux, contribuant à normaliser l’excitabilité neuronale. Des études précliniques suggèrent que le cannabidiol peut inhiber l’inflammation au niveau des ganglions spinaux et favoriser l’équilibre entre neurotransmetteurs inhibiteurs et excitateurs, ce qui pourrait aider à rompre le cercle vicieux de la douleur chronique. 

Le cas du syndrome d’Ehlers-Danlos

La recherche sur le CBD dans le cadre du syndrome d’Ehlers-Danlos, la forme la plus sévère d’hypermobilité, donne des résultats particulièrement encourageants. 

Une étude publiée dans le British Medical Journal a rapporté le cas d’une jeune femme de 18 ans atteinte d’un syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile, dont la douleur était mal contrôlée malgré une prise en charge avec plusieurs antalgiques, y compris des opioïdes. 

Dès le début du traitement par cannabinoïdes, la douleur de la patiente a fortement diminué, avec une amélioration rapide de son état. 

Avec la poursuite de l’auto-administration, la patiente a progressivement pu se passer totalement d’opioïdes, évitant leurs effets indésirables et le risque de dépendance. Ce cas clinique suggère que les cannabinoïdes peuvent représenter une alternative plus sûre et plus efficace pour les douleurs chroniques liées à une hypermobilité sévère [6]. 

Une enquête menée auprès de 500 patients atteints du syndrome d’Ehlers-Danlos, publiée dans l’American Journal of Medical Genetics, a révélé que 37 % des personnes interrogées utilisaient du cannabis à des fins médicales. Parmi toutes les thérapies, conventionnelles comme complémentaires, évaluées, le cannabis a été jugé comme le plus efficace par les patients eux-mêmes [7]. Même si ces données restent de nature déclarative, elles suggèrent un potentiel thérapeutique important qui mérite d’être étudié dans des essais cliniques contrôlés. 

Dosage et modes de prise du CBD en cas d’hypermobilité articulaire

La question du dosage est l’un des points les plus délicats lorsqu’on utilise le CBD pour l’hypermobilité articulaire. 

Les études scientifiques ont utilisé des doses très variables, de quelques milligrammes à plusieurs centaines par jour, selon la gravité de la situation et la réponse individuelle. 

Il n’existe pas de dosage universel valable pour tout le monde. Une approche personnalisée est nécessaire. En Italie, la prescription de cannabinoïdes se fait souvent sous forme de préparation magistrale (galénique), notamment parce qu’il n’existe pas toujours de médicaments à base de cannabis disponibles sous forme industrielle. La préparation galénique permet d’ajuster la dose et la concentration du principe actif en fonction des besoins du patient et de gérer plus finement les quantités ainsi que le rendement d’extraction. 

Les recherches qui ont étudié les effets du CBD sur les cytokines pro-inflammatoires ont généralement utilisé des doses élevées, souvent au-delà de 50 mg par jour. Dans les études sur l’épilepsie, où le CBD a reçu une approbation officielle de la FDA, les doses varient le plus souvent entre 10 et 20 mg par kilo de poids corporel et par jour. Même si cela concerne une autre pathologie, ces données donnent des indications sur la sécurité et la tolérance du cannabidiol à doses élevées. 

Pour l’hypermobilité articulaire et les troubles associés, de nombreux spécialistes conseillent de commencer bas, généralement entre 10 et 20 mg par jour, puis d’augmenter progressivement jusqu’à obtenir l’effet recherché. L’approche « start low, go slow » (commencer bas, augmenter lentement) aide à identifier la dose minimale efficace tout en limitant le risque d’effets indésirables. 

Les différentes formes disponibles

Le CBD peut être pris par différentes voies d’administration, chacune ayant des caractéristiques pharmacocinétiques spécifiques. 

L’huile de CBD en prise sublinguale est probablement la forme la plus répandue et la plus étudiée. 

Placée sous la langue pendant 60 à 90 secondes avant d’être avalée, l’huile est absorbée directement par la muqueuse buccale, en contournant en partie le métabolisme de premier passage hépatique. Cette méthode offre une biodisponibilité plus élevée et un début d’effet généralement observé en 15 à 30 minutes. 

En cas de douleur articulaire localisée, des produits topiques au CBD (crèmes, gels, baumes) peuvent être appliqués directement sur la zone concernée. Cette approche permet une action locale ciblée, avec peu d’effets systémiques. Des études publiées dans l’European Journal of Pain ont montré que l’application transdermique de CBD peut réduire la douleur et l’inflammation liées à l’arthrite, suggérant un bénéfice potentiel aussi dans l’hypermobilité articulaire symptomatique [8]. 

Les fleurs de cannabis riches en CBD, vaporisées via des dispositifs adaptés, offrent le début d’action le plus rapide (2 à 5 minutes), mais aussi une durée plus courte. Cette voie peut être utile pour gérer des épisodes aigus de douleur (« breakthrough pain »), en complément d’une prise quotidienne d’huile visant le contrôle de fond des symptômes. 

Sécurité et effets indésirables potentiels

Le profil de sécurité du CBD est globalement favorable. L’Organisation mondiale de la Santé a publié en 2017 un rapport décrivant le cannabidiol comme une substance sûre et bien tolérée, sans potentiel d’abus. 

Les effets indésirables rapportés dans les études cliniques sont le plus souvent légers et transitoires, avec une fréquence nettement inférieure à celle observée avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les opioïdes généralement prescrits en cas de douleurs chroniques. 

Les effets indésirables les plus fréquemment signalés sont : somnolence, fatigue, sécheresse buccale et, plus rarement, des troubles gastro-intestinaux comme la diarrhée ou des modifications de l’appétit. Ils apparaissent surtout au début et tendent à diminuer avec la poursuite de la prise, à mesure que l’organisme s’adapte au cannabidiol. 

Un point important concerne les interactions médicamenteuses potentielles. Le CBD est métabolisé par le système enzymatique du cytochrome P450, qui intervient aussi dans le métabolisme de nombreux médicaments courants. Cela peut théoriquement modifier les concentrations plasmatiques d’autres traitements pris en parallèle, en augmentant ou en diminuant leur effet. Parmi les médicaments potentiellement concernés figurent certains anticoagulants, antiépileptiques, antidépresseurs et antipsychotiques. 

Quand être particulièrement vigilant

Les personnes présentant une pathologie hépatique devraient utiliser le CBD avec prudence, car des doses très élevées peuvent affecter la fonction du foie. Certaines études cliniques ont rapporté des augmentations transitoires des enzymes hépatiques chez des patients recevant des doses très élevées (supérieures à 20 mg/kg/jour), revenues à la normale après réduction de dose ou arrêt temporaire. 

Pendant la grossesse et l’allaitement, le principe de précaution conduit à éviter l’usage du CBD, faute de données suffisantes sur la sécurité pour le fœtus ou le nourrisson. Même si les études animales n’ont pas mis en évidence d’effets tératogènes, les données humaines restent limitées. 

Les personnes prenant des médicaments métabolisés par le cytochrome P450 devraient demander un avis médical avant de commencer le CBD, afin d’évaluer la nécessité d’un ajustement posologique ou d’un suivi. Cette précaution est particulièrement pertinente pour les médicaments à marge thérapeutique étroite, où de faibles variations de concentration peuvent avoir des conséquences cliniques importantes. 

Approche thérapeutique intégrée : CBD et autres stratégies

Le CBD ne devrait pas être considéré comme une solution isolée contre l’hypermobilité articulaire, mais comme un élément à intégrer dans une approche thérapeutique multimodale. 

Une prise en charge optimale implique une stratégie globale qui traite les différents aspects : instabilité mécanique, inflammation, douleur et conséquences fonctionnelles. 

La kinésithérapie est le pilier de la prise en charge non médicamenteuse. Des programmes de renforcement musculaire améliorent la proprioception et la stabilité articulaire, compensant en partie la laxité ligamentaire. Les exercices isométriques et la résistance progressive augmentent la masse et la force musculaires, offrant un meilleur soutien aux articulations hypermobiles. Le travail proprioceptif et les exercices d’équilibre affinent la perception du corps et réduisent le risque de luxations et de microtraumatismes. 

L’éducation posturale est également importante : éviter les positions extrêmes des articulations, aussi bien dans la vie quotidienne que pendant le sommeil, réduit le stress mécanique sur des tissus déjà fragilisés. Le recours à des attelles ou à des supports élastiques peut apporter une stabilisation supplémentaire lors des phases aiguës ou d’activités à risque, sans limiter excessivement la mobilité. 

Synergies thérapeutiques et approche globale

L’association du CBD à d’autres approches complémentaires peut en renforcer les bénéfices. Une alimentation anti-inflammatoire, riche en oméga-3, antioxydants et phytonutriments, peut agir en synergie avec les propriétés anti-inflammatoires du cannabidiol. Des aliments comme les poissons gras, les noix, les fruits rouges, les légumes à feuilles vertes et le curcuma apportent des composés bioactifs qui soutiennent la modulation de l’inflammation. 

L’association avec d’autres plantes à visée anti-inflammatoire, comme le curcuma (curcumine), le gingembre, la boswellia et les oméga-3 issus de l’huile de poisson (anti-inflammatoires naturels efficaces), peut amplifier l’effet du CBD via des mécanismes complémentaires. La vitamine D, souvent basse chez les personnes souffrant de douleurs musculosquelettiques chroniques, mérite aussi d’être optimisée via une exposition solaire contrôlée ou une supplémentation. 

Les techniques de gestion du stress, comme la pleine conscience, la méditation ou un yoga adapté, peuvent aider à rompre le cercle vicieux entre douleur, tension musculaire et sensibilisation centrale. Le CBD, grâce à ses propriétés anxiolytiques documentées, peut faciliter la mise en place de ces pratiques en réduisant l’hyperactivation du système nerveux sympathique souvent présente dans les douleurs chroniques. 

Références scientifiques

  • [1] Castori M. Ehlers-Danlos syndrome, hypermobility type: an underdiagnosed hereditary connective tissue disorder with mucocutaneous, articular, and systemic manifestations. ISRN Dermatol. 2012. L’étude analyse le syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile comme une affection héréditaire du tissu conjonctif souvent sous-diagnostiquée, caractérisée par des manifestations muco-cutanées, articulaires et systémiques incluant une hypermobilité généralisée, des douleurs chroniques et des symptômes autonomes.
  • [2] Système endocannabinoïde et récepteurs CB1/CB2 : mécanismes de régulation de l’homéostasie. Journal of Medical Genetics, 2023. La recherche décrit le fonctionnement du système endocannabinoïde et le rôle spécifique des récepteurs CB1 et CB2 dans la modulation de processus physiologiques tels que la douleur, l’inflammation et la réponse immunitaire.
  • [3] Étude de l’Université de l’Insubrie : CBD et inhibition des cytokines pro-inflammatoires dans les cellules immunitaires. Frontiers in Pharmacology, 2019. L’étude menée à l’Université de l’Insubrie (Varèse) montre que le CBD peut inhiber la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, IL-6, IFNβ) par les granulocytes neutrophiles, soutenant l’intérêt des cannabinoïdes pour limiter les états inflammatoires chroniques.
  • [4] Rea KA, et al. Biosynthesis of cannflavins A and B from Cannabis sativa L. Phytochemistry. 2019. La recherche de l’Université de Guelph (Canada) identifie les cannflavines A et B comme des molécules présentes dans le cannabis, avec un pouvoir anti-inflammatoire pouvant être jusqu’à 30 fois supérieur à celui de l’aspirine, capables de cibler l’inflammation à sa source.
  • [5] Revue systématique sur les effets du CBD dans la douleur chronique : analyse de 40 études cliniques. PubMed, 2024. La revue systématique examine 40 études cliniques et confirme le potentiel du cannabidiol dans la prise en charge de la douleur chronique, via l’interaction avec les récepteurs TRPV1, CB2 et des mécanismes de modulation de l’inflammation au niveau du système nerveux périphérique.
  • [6] Treating pain related to Ehlers-Danlos syndrome with medical cannabis. BMJ Case Reports, 2021. Ce cas clinique décrit une patiente de 18 ans atteinte d’un syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile dont la douleur chronique, mal contrôlée par des opioïdes, a été nettement réduite par les cannabinoïdes, lui permettant d’arrêter complètement les opiacés.
  • [7] Use of complementary therapies for chronic pain management in patients with Ehlers-Danlos syndrome. American Journal of Medical Genetics, 2020. Une enquête auprès de 500 patients atteints du syndrome d’Ehlers-Danlos révèle que 37 % utilisent du cannabis à visée médicale et le classent comme la thérapie la plus efficace parmi les approches évaluées pour la gestion de la douleur chronique.
  • [8] Hammell DC, et al. Transdermal cannabidiol reduces inflammation and pain-related behaviours in a rat model of arthritis. European Journal of Pain, 2016. L’étude montre que l’application transdermique de CBD réduit l’inflammation et les comportements liés à la douleur dans un modèle animal d’arthrite, suggérant l’intérêt de l’application topique dans les affections articulaires inflammatoires.

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